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La professionnalisation de l'exploitation et de la maintenance des PMH au Burkina Faso: pistes de réflexion

Published on: 18/03/2015

IRC Burkina Faso c'est intéressé à des modèles de gestions qui permettraient une réduction pérenne du nombre et de la durée des pannes actuellement enregistrées sur les forages équipés de pompes à motricité humaine (F-PHM) dans le Burkina Faso rural.

Cette étude est menée dans le cadre du programme USAID WA-WASH

Suite aux constats évoqués dans un blog précédent, IRC c'est intéressé à des modèles de gestions qui permettraient une réduction pérenne du nombre et de la durée des pannes actuellement enregistrées sur les forages équipés de pompes à motricité humaine (F-PHM) dans le Burkina Faso rural.

A la recherche de solutions innovante pour améliorer la maintenance de ces ouvrages mais réalistes et adaptés au contexte local, IRC s'est intéressé à des modalités de professionnalisation de l'exploitation et de la maintenance des F-PMH. Ce telles modalités impliquent un transfert de responsabilité de la maintenance des F-PMH à un opérateur privé. IRC a donc finance une étude exploratoire afin d'appréhender davantage les coûts d'opération et les bénéfices sur l'état du parc et ultimement sur la fourniture en eau continue pour les usagers. Cette étude a été menée par opérateur privé, Faso-Hydro, qui œuvre présentement dans la région du Sahel en tant que fermier pour un certain nombre de systèmes d'approvisionnement en eau potable simplifies (AEPS).

Les engagements de l'opérateur

Trois scénarii pour la professionnalisation de la maintenance des F-PMH ont été analysés. Dans les trois cas, un certain nombre de préconditions, telles qu'un taux de fonctionnalité des ouvrages plus élevé (ce qui implique des réhabilitations d'ouvrage préalables) et l'intégration de formations pour les maintenanciers existants ont été intégrées. Ces scénarii obligeraient l'opérateur à :

  • Réduire le nombre de pannes;
  • Effectuer les réparations avec des pièces neuves;
  • Réduire les interruptions de service à moins de 24 heures;
  • Tester la qualité de l'eau sur une base régulière.

Les rôles et responsabilités des acteurs communaux existants et définis par la Réforme de la gestion des services d'eau en milieu rural ont également été évalués, et des recommandations sur l'adaptation potentielle du rôle de l'opérateur comme intermédiaire entre les Associations d'usagers de l'eau et la commune ont été élaborées.

Des scénarii en meilleure phase avec les coûts réels

Le coût de la fourniture du service d'eau comprend les réparations et la maintenance, les salaires, une marge de profit brute, et les coûts fixes et variables ont été identifiés sur la base de l'expertise de Faso Hydro et des normes mises en place au niveau national. Sur ces bases, les scénarii suivants ont été établis :

Tableau 1. Sommaire des scénarii financiers pour une maintenance améliorée des F-PMH

Le scénario 1 repose sur les prescriptions financières du gouvernement (et relayées dans les documents de la Réforme). Le scénario 2 inclut l'ensemble des coûts d'opération (entretien et réparation, personnel local- actuellement sur une base bénévole, contributions aux réhabilitations, etc.), tandis que le scénario 3 ne comprend que l'entretien et les réparations. Les résultats indiquent un écart important entre la tarification actuelle (2500 FCFA/an/ménage) et le coût effectif d'un service (14,000 FCFA/an/ménage). Pour atténuer cet écart, des mécanismes de subventions peuvent être envisages.

Un accueil mitigé

Considérant la taille des deux communes étudiées et pour être financièrement viable, l'adoption d'un des trois scenarii précédent demanderait d'envisager l'intercommunalité. De plus, un certain nombre de questions restent à résoudre; comment garantir que les préconditions soient en place? Quelle devrait être la durée du contrat en garantie totale? Les réponses à ces questions pourraient être apportées ultérieurement par les acteurs concernés. Néanmoins, IRC croit que la professionnalisation de l'entretien et de la maintenance pourrait avoir un impact réel sur la qualité et la pérennité du service d'approvisionnement en eau en milieu rural.

Cette analyse a été présentée aux acteurs communaux concernés (maires, représentants de la direction régionale, maintenanciers etc.) ainsi qu'à un groupe d'acteurs nationaux lors d'un atelier de partage qui a pris place en Juillet 2014 à Ouagadougou. Les réactions ont été tièdes et l'intérêt mitigé, en particulier à l'idée d’accroître la présence et le rôle de l'opérateur privé dans la gestion des services. Il est important pour IRC et ses partenaires d'affiner son plaidoyer afin de mieux comprendre les raisons derrière ces hésitations, afin de les surmonter.