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La question de la qualité de l’eau

Published on: 21/11/2014

L'une des principales conditions pour la fourniture de services d'eau potable est que le fournisseur de service doit être en mesure de garantir que l'eau ne présente pas de risque pour la consommation. Mais qu'est-ce qu'on doit faire si on habite dans une région où ces services ne sont pas à portée de main? Est-ce qu'on peut être sûr que l'eau qui est disponible est adéquate pour la consommation humaine? 

Ce blog, le premier d'une serie de trois, dévoile les défis liés au suivi de la qualité de l'eau dans les zones rurales au Burkina Faso à travers les conclusions d'une étude réalisée par IRC Burkina Faso entre avril et mai 2014, avec le soutien financier du programme USAID/WA-WASH.

Avant d'utiliser l'eau à des fins de consommation, il est particulièrement rassurant de savoir que la garantie existe que l'eau qu'on boit est de bonne qualité. Ceci est une garantie que les fournisseurs des services de l'eau sont obligés de prévoir, comme est le cas avec le fournisseur d'eau dans les milieux urbain du Burkina Faso, l'Office National de l'Eau et de l'Assainissement (ONEA). Comme l'ONEA précise sur son site internet, l'eau qu'il offre doit répondre à des normes sanitaires strictes qui sont définies par l'État et qui sont conformes aux recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé. Cela implique un contrôle strict de la qualité de l'eau distribuée, qui va de la source au robinet, et qui se compose de contrôles internes quotidiens ainsi que des contrôles périodiques effectués par le Laboratoire National de Santé Publique du Ministère National de la Santé. Et ce, à son tour, se traduit par un sentiment de responsabilité claire en matière de qualité de l'eau, ce qui signifie que les usagers ne devraient pas avoir à remettre en question la qualité de leur eau avant consommation-ceci est le travail du prestataire de service. La même chose est vraie pour certaines communautés rurales, où ceux qui sont connectés à des réseaux d'adductions d'eau potable simplifiés ou s'approvisionnent aux bornes fontaines de ce réseau peuvent compter sur des garanties similaires. Néanmoins, dans la plus grande partie des zones rurales du Burkina Faso, un équivalent à ce que prévoient les services d'eau n'existent pas, ce qui signifie que les populations dépendent des pompes à motricité humaine ou des sources d'eau ouverts, pour leur approvisionnement en eau.

Il y a peu ou pas de services dans les zones rurales qui possèdent la capacité ou la technologie pour déterminer si les sources d'eau locales sont d'une qualité acceptable et sûre.

Dans l'état actuel des choses, il y a peu ou pas de services dans les zones rurales qui possèdent la capacité ou la technologie pour déterminer si les sources d'eau locales sont d'une qualité acceptable et sûre. En fin de compte, ce que cela signifie est que, dans la plupart des cas, il est tout à fait à l'individu de trouver de l'eau et de juger si cette eau est apte à la consommation ou pas. Bien que parfois des attributs physiques, tels que la couleur et l'odeur, peut nous mettre en garde contre l'eau potable de qualité douteuse, trop souvent, la contamination peut se déguiser ainsi, ce qui rend pratiquement impossible à détecter sans la technologie appropriée. Cela peut inclure la contamination chimique d'origine naturelle, ainsi que la contamination bactériologique. Déféquer en plein air, par exemple, est connue comme source d'une contamination fécale des sources d'eau, et bien que ce ne soit pas facilement détecté visuellement, il pose un vrai risque pour la santé de ceux qui consomment cette eau.

L'existence limitée des services d'eau et de la responsabilité en ce qui concerne la qualité de l'eau qu'accompagne ces services, en combinaison avec l'absence de technologie appropriée pour les tests de l'eau au niveau local, contribuent à la crise persistante des services d'eau et de l'assainissement dans les zones rurales du Burkina Faso. Cela conduit à une situation où les individus sont laissés à eux-mêmes en ce qui concerne l'approvisionnement en eau des ménages, dans laquelle le choix de leur source d'eau risque d'être influencé négativement par des facteurs d'accessibilité, des contraintes de temps, et d'un manque de connaissances sur les risques de la consommation d'eau non potable. Dans certains cas, un manque de données sur la qualité des sources d'eau locales a donné lieu à des pompes abandonnées sans preuve réelle que l'eau est de mauvaise qualité, ce qui augmente de la pression sur les sources d'eau déjà limitées. Et dans les cas encore plus dangereux, certaines sources d'eau continuent à être utilisées alors que leur eau est fortement contaminée et pose un risque pour la santé de ses consommateurs.

L'absence de services d'eau dans les zones rurales va de pair avec le manque de suivi de la qualité de l'eau qui est consommée par les populations rurales du Burkina Faso. Actuellement, il existe une insuffisance d'informations disponibles sur l'état et l'évolution de la qualité des sources d'eau potable au Burkina Faso, ainsi que les sources de contamination. Ceci est sujet à avoir des effets funestes sur la santé et le bien-être de la population. A travers cette recherche financée par USAID/ WA-WASH, IRC s'est engagé à découvrir la qualité de l'eau qui est consommée dans la région du Sahel du pays.

Un blog suivant exposera les résultats des tests de la qualité des sources d'eau, suivi par un autre blog qui dépeindra l'importance de l'hygiène dans la chaine d'approvisionnement entre la source et la consommation de l'eau est un autre facteur essentiel pour la sauvegarde de la qualité de l'eau consommée à niveau des ménages.