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Mesurer les changements de comportement d’hygiène : cas des latrines EcoSan

Published on: 14/09/2014

IRC développe une méthodologie permettant de mesurer les changements de comportements dans le cadre d’un programme d’assainissement mettant en œuvre des latrines EcoSan.

Un programme AEPHA, qu’il consiste en l’installation de nouveaux points d’eau, la construction de latrines ou une bonne gestion de l’eau de boisson, a toujours pour ambition l’adoption des équipements et  le changement de comportement des bénéficiaires pour leur bon usage. Dans le cas des bonnes pratiques d’hygiène liées à l’assainissement par exemple, une population habituée à une latrine propre et performante ne sera pas du tout portée à pratiquer la défécation à l’air libre. L’adoption des bonnes pratiques d’hygiène est fondamentale à l’ancrage de services d’eau et d’assainissement pérennes.

Adaptation à une intervention particulière : la mise en œuvre de latrines EcoSan

Il est important de rappeler qu’une intervention d’hygiène est par définition une intervention qui a un impact sur l’adoption de pratiques hygiéniques. De ce fait, un programme de construction de latrines tel que mise en œuvre par LVIA au Burkina Faso peut être considéré comme une intervention d’hygiène, car il impacte directement sur un comportement clé : l’utilisation effective de latrines et la réutilisation des  excrétas pour l’agriculture.

Dans le cadre de cette collaboration, la méthodologie développée et présentée dans un précédent billet (voir lien ci-dessous), a été adaptée à l’EcoSan et extrapolée pour inclure la collecte, l’hygiénisation et la réutilisation des excrétas. L’échelle suivante a été développée :

  • Une pratique idéale consiste à utiliser la latrine EcoSan en respectant l'ensemble des conditions à son utilisation : une hygiénisation appropriée et la réutilisation des sous-produits en agriculture,
  • Une pratique acceptable consiste à procéder à l'hygiénisation des excrétas sans les réutiliser pour l'agriculture. En effet, une telle pratique ne permet pas de bénéficier de la valeur ajouté des excrétas hygiénisés, mais elle ne nuit pas pour autant à l'environnement et à la santé humaine.
  • La pratique non hygiénique, comme son nom l'indique, implique certes une séparation correcte des urines et fèces, mais une hygiénisation insuffisante ou inexistante : de ce fait, les excrétas demeurent un risque sanitaire, d'autant plus si ils sont épandus sur les terrains agricoles.

En principes, une latrine EcoSan a deux objectifs :

  1. D’offrir un équipement permettant à l’ensemble des membres d’un ménage de stopper la défécation à l’air libre, et
  2. De permettre la réutilisation de leurs excrétas pour l’agriculture.

Les comportements liés à l’atteinte de ces objectifs sont différents, comme l’indiquent les deux échelles de pratiques développées par IRC, celle-ci et celle développée dans notre précédent blog. Mais quand est-il lorsque seulement l’un des objectifs est atteint ? Pour le maitre d’ouvrage appuyant la mise en œuvre d’EcoSan, quel objectif prioriser ?

Lorsque bien maitrisées par les ménages, les latrines EcoSan ont l’avantage indéniable de boucler la chaine d’assainissement en permettant le recyclage des excrétas. Dans le cas contraire, les excrétas sont à même de contaminer le sol et de poser des risques pour la santé des populations.  C’est pourquoi l’accompagnement des ménages sur la durée pour assurer l’adoption de bons comportements par les usagers est essentiel. Dans un prochain blog, nous présenterons une application de cette méthodologie dans le cadre d’un partenariat avec l’ONG LVIA au Burkina Faso. 

Par Mélanie Carrasco et Amélie Dubé, IRC