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A West Point, la vie est simple ?

Published on: 27/02/2012

J’ai eu des minutes d’hésitation avant de prendre et aujourd’hui de publier cette photo malgré l’autorisation de filmer. Après un adulte qui venait à peine de déféquer aux abords du fleuve Mensurado, une jeune enfant à l’innocence certaine vint également accomplir la même besogne.

West Point, cet efant defeque sans pression sur la berge du fleuve. Photo Eddy Patrick

C’est simple ainsi, à chacun son tour! Une école primaire est située juste aux abords du fleuve à une distance d’environs 5 mètres. L’école ne dispose pas de toilette et utilise simplement les abords du fleuve. Des adultes nettoient et fument du poisson sorti du fleuve juste à quelques pas de là. Fatigués ils peuvent simplement prendre un bain avec de l’eau du fleuve chauffée non loin. Des gestes simples qui traduisent le cycle de vie des populations de West Point, bidonville de la capitale du Liberia.Ce n’est pas le propre de West Point. Dans nos villes et capitales, les populations développent  des alternatives pour contourner les difficultés qui se présentent. Si une maison n'a pas de toilette, pas grave, une alternative : 5 dollars libérien pour chaque utilisation des toilettes publiques. S'il n'y a pas d'argent, pas grave, une alternative : utiliser les abords de la rivière qui longe le quartier. S’il n’y a pas d’argent, pas grave, une alternative : la pêche et le commerce du poisson sorti du fleuve. En effet, le fleuve Mensurado comme plusieurs fleuves dans les villes africaines offre d'énormes « alternatives » pour rendre la vie facile aux populations. Des alternatives, osons le dire, mais à quel prix ? Un exemple : la gestion des déchets est souvent un casse tête, mais à West Point, le fleuve résout le problème. Les déchets, surtout ceux produits par les hommes et les femmes de West Point sont très appréciés et constituent l'alimentent principal des magnifiques gros poissons que l'on trouve dans ce fleuve et qui sont vendus sur les marchés de Monrovia.

Les poissons que les hommes ramènent du fleuve sont nettoyés avec de l’eau du fleuve et vendus par les femmes et les jeunes enfants de West Point. Les populations qui ont travaillé et qui ont eu un peu d'argent de la vente du poisson nourris des excellents aliments déposés par les femmes et les enfants de West Point, achètent du poisson et ramènent à la maison pour nourrir et garder en santé les familles. Celles qui mangent du poisson nourris par les excellents aliments, déposés par les populations, pêchés par les hommes, nettoyés par les femmes et vendus par les enfants, achetés par d’autres familles pour l'alimentation à la maison, sont souvent de mauvaise qualité.

Les femmes et les enfants de West Point qui se nourrissent du poisson nourris par l'excellent aliment déposé par les populations sur la plage et le fleuve de West Point tombent souvent malades et vont dans le petit centre de santé pour se soigner. Le médecin qui arrive souvent prescrira des médicaments que les hommes achèteront avec de l'argent de la vente des gros poissons nourris d’excellents aliments déposés par les populations et sortis du fleuve. Si le médecin n'arrive pas, l'infirmière qui habite prés de la rivière de West Point et qui vend de temps en temps du poisson du fleuve donnera très probablement un sachet de sel de réhydratation orale (SRO) et une cuillerée de protéines d'un sachet en plastique offert par l’ONG américaine qui s’occupe de la santé des populations, pour guérir l'enfant qui aura mal au ventre.

La majorité des déchets plastiques du Centre de santé de West Point seront reversés très loin dans le fleuve de West Point qui nourrit et alimente les gros poissons qui seront pêchés par les hommes, nettoyés par les femmes puis vendus par les jeunes sur le marché pour donner de l'argent aux familles afin d'envoyer les enfants à l'école qui se trouve près du fleuve.

Quand ils deviendront des grands ministres commissaires et grandes autorités, ils achèteront au grand super marché de West Point, ou alors mangerons avec leurs grands invités dans le grand hôtel de West Point, du poisson nourri par les excellents aliments déposés par les enfants des hommes et des femmes qui ont échappés à la mort après l'épidémie de cholera qui a tué plusieurs hommes en général et des milliers des femmes et d'enfant qui se sont lavés avec de l'eau du fleuve souillés de West Point. Et la vie continuera. Comme la vie est simple à West Point!

Histoire envoyée pour le concours 1ère édition 2012.

Nouvelle analogue : Savoir pour sauver, 2011