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L'accès à des toilettes s’accompagne du sentiment de dignité

Published on: 14/06/2010

Il y a eu de fortes augmentations du nombre de personnes pauvres pouvant accéder à des toilettes dans les districts de Deoghar et de Pakur de Jharkhand en Inde, grâce à la campagne pour l’assainissement total. Cela constitue une raison d'être optimiste, mais des questions se posent : « Qui en bénéficie ? Le programme profite- t-il vraiment à TOUS ? »

WaterAid India

Ce programme du gouvernement indien offre des aides aux familles vivant sous le seuil de pauvreté pour construire des toilettes avec des conceptions techniques approuvées par la Mission de l'eau et de l'assainissement du district (DWSM – en anglais), chargée de l'assainissement. Cependant, il est évident que les personnes ayant des besoins spéciaux, ou celles qui sont invalides sont laissées pour compte, puisque même si leurs familles disposent de toilettes, celles-ci ne sont pas appropriées. Bien que le programme soit conçu pour être ‘global’, il n’existe pas vraiment un accès universel et tout le monde ne peut pas vivre avec dignité. Pour améliorer le caractère inclusif et participatif de l'accès, ainsi que pour sensibiliser les prestataires de service et la communauté sur la nécessité d'approches participatives dans la planification, la conception et la mise en œuvre de projets, le Bureau régional de l'Est de l'Etat de Jharkhand a lancé plusieurs initiatives avec Gram Jyoti, partenaire de WaterAid. Ces initiatives ont été rendues possible grâce à une personne, Jitendra Turi, du village de Sisanathur. Cet homme s’est montré motivé. Jitendra souffre de multiples handicaps, allant des troubles moteurs et mentaux en passant par le visuel. Il vient d’une famille de Caste (classée ‘inférieure’ en Inde) et vit avec ses parents. A l'âge de 25 ans, il dépend encore de sa mère et ce, pour la plupart des activités. Bien qu’il ne soit plus un enfant, il ne peut pas aller à l'école et il ne peut participer aux activités du village. La famille n'avait pas de toilette à la maison, ne connaissant pas son importance dans la réduction de la dépendance et dans l’accroissement de la dignité de leur fils, de sorte qu'il puisse mener une vie aussi normale que possible. Pour la défécation, sa mère l’amenait à la périphérie du village. Parfois, lorsqu’elle ne pouvait pas le sortir, elle lui demandait de déféquer dans un coin, le long d’une ruelle du village, ce qui le rendait ridicule aux yeux des enfants et des villageois. « Je ressentais une telle honte en disant à ma mère de m'aider à aller déféquer. Je suis adulte, mais comment puis-je sortir ? Je ne peux voir, ni marcher» rappelle Jitendra.