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Jean Patrick Pasquellier, « l’ATPC est complémentaire avec les autres approches d’assainissement »

Published on: 27/11/2013

Jean PatricK Pasquellier est le coordinateur du projet d'appui à l'assainissement familial à LVIA Burkina. Dans le cadre de son projet cofinancé par l'Union Européenne, le projet fait la promotion l'approche ECOSAN par la réalisation de latrines ECOSAN dans les deux régions du Plateau Central Centre-Ouest au Burkina Faso.

Dans cet entretien, il revient sur les leçons apprises de sa participation à l’atelier d’apprentissage et d’échanges d’Afrique de l’ouest sur l’assainissement. Le  thème retenu portait sur : « De  l’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC)  à un service d’assainissement pérenne ».
 

Vous avez participé la semaine dernière à l’atelier sous régional sur l’assainissement familial et l’assainissement en milieu rural et semi urbain, quel jugement portez-vous sur le contenu des échanges ?

C’était une très bonne initiative. J’ai beaucoup apprécié l’atelier, c’était un atelier très instructif.  Il  nous a permis d’échanger avec des praticiens qui évoluent dans les autres pays. Cela est intéressant parce que ça permet de voir un peu les méthodologies, les approches,  dans la sous-région. On se rend compte qu’il y a pas mal de différences entre pays, que ce soit entre pays francophones ou anglophones. Les différences concernent aussi bien des raisons culturelles que les politiques et stratégies qui divergent. C’est le premier point positif.

Un deuxième point selon moi qui est vraiment très intéressant c’est le fait qu’on nous a demandé vraiment de réfléchir à pas mal de choses ce qui nous a permis de remettre en discussion, d’avoir une vision critique de ce qu’on fait. Ça change un peu du travail qu’on fait tous les jours dans nos bureaux ou sur le terrain. Il permet d’avoir une réflexion un peu plus globale de ce qu’on fait, de faire une réflexion critique par rapport à ça et d’aller justement puiser dans l’expérience des autres pour essayer d’apporter des petits éléments d’amélioration sur nos propres projets. Ce fut quelque chose d’;intéressant aussi.

On sait que l’atelier a mis l’accent sur l’approche ATPC, en quoi cette approche peut-elle être est une solution à l’assainissement pour tous en milieu rural ?

Par rapport à l’ATPC, c’était effectivement intéressant pour nous. Je connaissais pas forcément cette approche puisque nous ne la mettons pas en œuvre. Nous menons plutôt des projets plus classiques PHAST basées plus sur la subvention. Donc pour moi c’était déjà intéressant de comprendre comment fonctionne l’approche ATPC. Je pense qu’il y a une complémentarité entre l’approche ATPC et les autres types d’approches. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’approche unique mais au contraire c’est une combinaison d’approches qui peut rendre les interventions plus efficaces. Dans notre cas à nous, je pense que nous  pouvons  aller puiser des éléments de l’approche ATPC pour venir améliorer ce qu’on fait en termes de sensibilisation des populations. Je pense qu’il y a des éléments à puiser pour améliorer tout le volet qui concerne l’intermédiation sociale. Les participants ont aussi remis un peu en question l’ATPC en disant je pense qu’il faut une combinaison d’approches. L’ATPC en soit, est loin d’être la panacée.

Quelles suites attendez-vous de cet atelier ?

Je pense qu’il faut renouveler ce type d’expérience. C’est intéressant surtout pour rester  à jour par rapport à ce qui se passe dans le secteur. Je pense que c’est très important. Là, ce n’était que l’approche ATPC mais  on a pu discuter aussi de pas mal de choses notamment sur les services d’assainissement. Cependant, il y a d’autres questions qui n’ont pas été forcément abordées. Peut-être faudrait-il des ateliers plus spécifiques notamment sur les questions de technologies. Il y a probablement des ateliers complémentaires qui peuvent venir compléter celui- là.  En attendant, l’atelier  m’a permis aussi d’échanger sur des questions méthodologiques dont celles des indicateurs. Dans les pays anglophones l’indicateur utilisé porte beaucoup plus sur l’état  fédal. Ce qui n’est pas utilisé au Burkina Faso. Il  y a toutes ces questions méthodologiques et pratiques qu’il  faut continuer à approfondir pour rester à jour par rapport à  ce qui se passe dans le secteur.

A quoi correspondent les indicateurs liés à l’état fédal ?

En fait on se rend compte que nous au Burkina Faso, le principal indicateur porte sur le nombre de latrines. Et on considère qu’une fois qu’un ménage à une latrines, il aussi accès à l’assainissement. Dans les pays anglophones ce qui est ressorti est différent. Ils se sont basés sur l’ATPC pour déclencher une prise de conscience communautaire.  Leur objectif ce n’est pas le taux d’accès, ni le nombre de latrines mais l’état fédal, c’est-à-dire  la fin de la défécation à l’air libre.  Quelqu’un peut avoir une latrines et continuer de déféquer à l’air libre. Il y a toutes une séries d’indicateurs que moi je ne connaissais pas.

Par Nouroudine Salouka

Publication analogue : Assainissement Total Porté par les Leaders, Site IRC, novembre 2013.