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Oxfam et commune de Banfora, un partenariat à saluer

Published on: 22/03/2021

La commune de Banfora vient de bénéficier de l’appui financier direct de Oxfam Burkina, dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan Stratégique Communal Eau Hygiène et Assainissement (PSC-AEPA). Un partenariat salué par les deux parties qui parient sur le mieux-être des populations, par l’accès adéquat à l’eau et à l’assainissement.

De G à D, Aboubakar Hema, Maire de Banfora, Michara Mahamad, Secrétaire Général de la Région des Cascades, Omer Kaboré, Directeur pays de Oxfam Burkina (Ph A. Traoré)

De G à D, Aboubakar Hema, Maire de Banfora, Michara Mahamad, Secrétaire Général de la Région des Cascades, Omer Kaboré, Directeur pays de Oxfam Burkina (Ph A. Traoré)

La commune de Banfora vient de bénéficier de l’appui financier direct de Oxfam Burkina, dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan Stratégique Communal Eau Hygiène et Assainissement (PSC-AEPA). Un partenariat salué par les deux parties qui parient sur le mieux-être des populations, par l’accès adéquat à l’eau et à l’assainissement.

Au Burkina Faso, par le biais de la décentralisation, les populations locales ont leur destin entre leurs mains. De ce fait, la commune, désormais maître d’ouvrage dans le domaine de l’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement (AEPA), a en charge la gestion du secteur, afin de fournir aux populations un service adéquat et durable. Ces compétences particulières transférées sont censées permettre aux pouvoirs locaux d’avoir plus facilement accès aux capitaux, à travers des moyens appropriés afin de financer les projets d’investissement.

Dans la pratique, la décentralisation se présente beaucoup plus comme une cession de charges, dans une optique de partage des responsabilités entre l'Etat et les collectivités. On valorise une politique, mettant les communes au centre du dispositif, sans qu’elles ne puissent toujours opérer seules cette gestion. Pour ainsi dire, les moyens humains ou financiers n’ont pas toujours accompagné cette politique, de manière suffisante. 

La réalité sur le terrain

Pourtant, ils sont bien nombreux, les partenaires techniques et financiers extérieurs, qui se bousculent autour de l’instance national de gestion du secteur AEPA, pour apporter leur soutien à la cause de l’eau et l’assainissement. Les fonds reçus servent généralement à effectuer des réalisations ponctuelles et directes au profit des populations, sans pour autant passer par les communes. Les organisations non gouvernementales (ONG), présentes sur le terrain interviennent, plus sur le renforcement des capacités des autorités communales que sur le transfert direct des ressources. La raison le plus souvent avancée est le manque de confiance à l’endroit des municipalités dans la gestion saine des fonds transférés. Pourtant, l’on ne peut prétendre s’aligner sur les orientations nationales en matière d’AEPA et atteindre l’ODD6 à l’horizon 2030 sans aucun soutien financier, matériel et technique.

Etant donné que l'investissement est le moteur de toute croissance et que sans capitaux il n'est pas possible de financer de réels projets d'investissement, ni même de réaliser des ouvrages d’eau potable et d’assainissement améliorés au profit des populations, on comprend aisément le malaise des municipalités. 

81 millions de FCFA pour la commune de Banfora

A Banfora, l’ONG Oxfam, elle, a décidé d’accorder sa confiance à la mairie de Banfora à travers un financement direct de 36 millions FCFA (66 000 USD) dans la mise en œuvre de ses actions au profit du secteur AEPA. Compte tenu de l’enjeu qui est de taille, car devant relever les conditions de vie des populations, et convaincue par le leadership du premier responsable de la commune et de ses collaborateurs, l’ONG est allée plus loin, mobilisant un financement supplémentaire de 45 millions FCFA (80 000 USD), portant ainsi l’enveloppe à 81 millions de francs CFA (146 000 USD). Ce financement servira à la mise en œuvre du projet « Yelemani Ji », au profit de dix villages et secteurs de la commune de Banfora, sur une durée de 8 mois. Son objectif est de contribuer à l’amélioration de la santé des populations, et plus précisément, en leur assurant de meilleures conditions d’accès à l’eau potable. 

L’appui de Oxfam et l’assistance technique de IRC

Pour atteindre ce but, le projet prévoit entre autres, la réalisation et l’équipement de forages, l’organisation d’actions de sensibilisation sur l’hygiène et l’assainissement, mais aussi des rencontres d'information et d’implantation sociale, pour une meilleure appropriation de l’initiative par les acteurs et les bénéficiaires. En combinant formations et équipement en infrastructures, Oxfam entend renforcer les capacités de la Direction de l'Eau, de l'Assainissement et de l'Hygiène publique (DREAHP). La mise en œuvre sera assurée par la commune de Banfora avec l’appui de Oxfam et l’assistance technique de IRC qui accompagne la mairie depuis 2015.

Les représentants de toutes les parties prenantes fières de ce nouveau financement pour l’eau potable (Ph A. Traoré)

Les représentants de toutes les parties prenantes fières de ce nouveau financement pour l'eau potable (Ph A. Traoré)

Pour passer, le plus tôt, du discours à l’acte, le coup d’envoi des travaux de réalisation du projet a été donné, le jeudi 11 février 2021 au cours d’une cérémonie officielle présidée par le secrétaire général de la région des Cascades, en présence du Directeur Pays de Oxfam, du maire de la commune de Banfora, des autorités coutumières, religieuses et politiques de la commune et des représentants des bénéficiaires.

« C’est tout à fait normal que ma structure se joigne à cette initiative des autorités communales de Banfora, pour apporter aussi sa contribution dans la mise en œuvre du plan stratégique. A ce titre, Oxfam est engagé à soutenir la commune et reste disponible pour mettre en avant le dialogue, la concertation et l’appui conseil nécessaire ». Ainsi s’est exprimé, fier de ce partenariat, Omer Kaboré, directeur pays de Oxfam Burkina. 

Le transfert de fonds aux communes, bien possible

Ce geste de Oxfam, à n’en point douter, constitue un appui appréciable et un exemple à suivre pour les autres ONGs et bailleurs. Preuve que le transfert direct de fonds aux communes est bien possible mais nécessite un réel engagement des autorités communales. De plus, ce projet revêt une grande importance, vu qu’il apportera un soulagement certain, dans le quotidien des habitants de Banfora, pour qui la pénurie d’eau, sera rangé au placard des mauvais souvenirs.

Le maire de Banfora, Aboubakar Hema, dans cette logique, ne pouvait, donc, qu’être reconnaissant envers les bienfaiteurs de la commune dont il préside aux destinées, pour ce financement qui, selon lui, « vient à point nommé ». Fort de cela, il entend, résolument, « continuer le combat, dans l’espoir qu’un jour, chaque habitant de la cité du Paysan noir, ait de l’eau potable en quantité suffisante ». Il prend l’engagement, au nom de toute son équipe, de jouer sa partition dans la bonne exécution de ce projet et « compte sur le coaching et l’accompagnement de IRC, pour que ce partenariat soit fructueux ».

Du reste, pour espérer voir ce financement renouvelé et, aller à la conquête d’autres bailleurs, une gestion efficiente des fonds et la conduite à bon port de ce projet s’imposent. Pourvu que les résultats soient à la hauteur des espérances de Oxfam et de la commune de Banfora.

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